spectacles - Le temps qu'il faut - Pierre-Yves Chapalain

Dossier K.

 

D’après Le Procès de Franz Kafka

Texte Pierre-Yves Chapalain

Un spectacle élaboré par Pierre-Yves Chapalain, Géraldine Foucault et Laurent Gutmann

Avec Pierre-Yves Chapalain & Daniel Dubois

Sous le regard de Kahena Saighi et Christian Giriat

Création sonore Géraldine Foucault

Création lumière Florent Jacob

Costumes Elisabeth Cerqueira

Construction décor Adeline Caron, Mohamed Elasri, Marie Hervé et Jean-Paul Rivière

Coproduction La dissipation des brumes matinales

Coréalisation Théâtre l’Echangeur – Cie Public-Chéri

Avec le soutien du Studio théâtre de Vitry, de l’Archipel, pôle d’action culturelle/Fouesnant-les Glénan, de la Chartreuse, Villeneuve lez Avignon, Centre National des Ecritures du Spectacle.

Soutenu par la DRAC de Bretagne au titre du conventionnement.

 

Résumé

Dossier K. est un spectacle d’après le procès…ainsi que de quelques pensées intimes tirées de son journal, et de certains passages du Terrier : un spectacle mettant en scène un homme « ordinaire » qui s’interroge sans cesse de manière concrète pour tenter d’élucider « la sorte de mise en accusation » dont il fait l’objet. Il s’agira alors pour lui (K.) de définir s’il est possible de se défendre, si toutefois « l’arrestation » dont il fait l’objet peut être prise au sérieux, car K. doute fort de la compétence des personnages qui sont venus l’importuner tôt dans sa chambre. Il les comparerait plutôt à des voyous, des gamins désœuvrés qui s’ennuyaient dans la rue et qui n’auraient rien trouvé de mieux que de l’interrompre au moment de prendre son petit déjeuner !

K. n’est pas quelqu’un de triste face à un système  qu’il ne comprend pas. Non. Il cherchera à se défendre de manière farouche pour enrayer des méthodes qu’il juge arbitraires afin que cela ne se reproduise pas avec d’autres…

Finalement, K. constituera un énorme dossier. Une requête exhaustive, dans la quelle il dépliera toute sa vie, dans tous ses aspects, ses replis, dans tous ses détails, pour éventuellement trouver où il aurait commis une faute ! Il écrira jour et nuit, de manière acharnée et concentrée. Dans le plus grand silence possible afin de forer les couches les plus profondes et faire émerger le détail qui ébranlerait les certitudes factices (le concernant). Il écrira sans cesse pour stopper la culpabilité qui ne cesse d’être à l’œuvre dans son for intérieur, et se libérer enfin. Quitte à se retrouver couvert de mucus, à force d’avoir plongé dans un océan de boue.

Etre accusé de quelque chose et ne pas savoir de quoi précisément on est accusé permet de faire fonctionner l’imaginaire des spectateurs. En définitive, cela permet l’ouverture d’un champ imaginaire fécond où chaque spectateur peut puiser à sa guise.

 

"Je souhaite qu’il n’y ait dans le jeu sur le plateau aucun signe fataliste, tragique, garder toujours une vitalité, une spontanéité, une forme d’irresponsabilité. Effectivement c’est assez proche du clown. Pour Fellini, le clown « incarne les caractères d’une créature fantastique qui exprime l’aspect irrationnel de l’homme, la composante de l’instinct, ce quelque chose de rebelle et de contestataire contre l’ordre supérieur est en chacun de nous. » C’est tout à fait K. finalement, avec tous ses défauts : ses certitudes, ses pulsions, sa maladresse, son arrogance même.

Fellini voyait le monde comme un cirque. Il s’amusait à classer ses semblables entre clowns blancs et augustes, précisant qu’on peut être le clown blanc de quelqu’un et l’auguste d’un autre. C’est flagrant dans Le Procès où chaque situation, s’appuyant sur des rapports de force, de pouvoir, pourrait devenir matière à jeu pour des clowns.

On pourrait s’amuser à déterminer, pour chaque épisode, qui est le clown blanc, qui est l’auguste…Donc oui, j’ai envie de donner une dimension clownesque à ce spectacle à travers mon je d’acteur. J’ai envie de mettre en lumière la force comique de Kafka. Car l’humour est omniprésent dans ses textes, qui fourmillent de moments de bouffonnerie, de non-sens ; un humour « métaphysique », étrange, mais bien là. D’ailleurs, Max Brod raconte que Kafka fit beaucoup rire ses amis, et lui aussi, quand il leur lut pour la première fois des extraits du Procès…"

Pierre-Yves Chapalain